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	<title>Universit&#233; Interdisciplinaire de Paris</title>
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		<title>Un nouveau paradigme</title>
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		<dc:date>2008-10-14T20:07:00Z</dc:date>
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<category domain="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique36">NEUROLOGIE</category>


		<description>Les notions &#171; d'incertitude, d'incompl&#233;tude , d'ind&#233;cidabilit&#233; &#187; qui modifient radicalement le statut de la connaissance, sont de par l'avanc&#233;e des sciences modernes, tr&#232;s pr&#233;sentes aujourd'hui en math&#233;matiques et physique. Jean-Fran&#231;ois Lambert renouvelle la vision des sciences cognitives en introduisant cette notion dans le champ de la r&#233;flexion sur le cerveau et la conscience. &lt;br /&gt;L'opposition entre monisme r&#233;ducteur et dualisme s&#233;parateur n'est pas sans alternative. Une telle alternative suppose cependant (...)


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&lt;a href="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;NEUROLOGIE&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Les notions &#171; d'incertitude, d'incompl&#233;tude , d'ind&#233;cidabilit&#233; &#187; qui modifient radicalement le statut de la connaissance, sont de par l'avanc&#233;e des sciences modernes, tr&#232;s pr&#233;sentes aujourd'hui en math&#233;matiques et physique. Jean-Fran&#231;ois Lambert renouvelle la vision des sciences cognitives en introduisant cette notion dans le champ de la r&#233;flexion sur le cerveau et la conscience.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'opposition entre monisme r&#233;ducteur et dualisme s&#233;parateur n'est pas sans alternative. Une telle alternative suppose cependant l'abandon de la logique habituelle consid&#233;r&#233;e na&#239;vement comme &quot;naturelle&quot; au profit d'une logique autre, une logique de l'absence comme t&#233;moin d'une pr&#233;sence. La pens&#233;e, I'esprit, le sujet, ne sauraient &#234;tre objectivement circonscrits et donc leur &quot;pr&#233;sence&quot; n'est pas &#224; rechercher dans, ou &#224; c&#244;t&#233;. des processus, mais dans l'impossibilit&#233; pour les processus de s'auto-justifier. Un certain nombre de travaux montrent en effet, la non-ad&#233;quation du mental conscient au neuronal formel, autrement dit l'irr&#233;ductibilit&#233; de la subjectivit&#233; au fonctionnement objectif du cerveau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous envisagerons ici des exp&#233;riences particuli&#232;rement spectaculaires, t&#233;moignant du fait que la conscience n'est pas r&#233;ductible &#224; ces conditionnements neurophysiologiques. Les faits rapport&#233;s montrent de fa&#231;on flagrante que la th&#232;se de l' identit&#233; psycho-neurale - tout comme celle du parall&#233;lisme - et plus encore celle de la r&#233;duction physicaliste, ne vont pas de soi. Les arguments cliniques &#233;nonc&#233;s ne constituent pas une d&#233;monstration de la r&#233;alit&#233; op&#233;rationnelle de la subjectivit&#233;. Ils contribuent &#224; montrer que la question de la conscience constitue bien une r&#233;alit&#233; probl&#233;matique. Il s'agit plut&#244;t de mettre en sc&#232;ne la mani&#232;re dont la question de la conscience se pose que de pr&#233;tendre y r&#233;pondre autrement qu'en affirmant la Conviction qu'il est vain de chercher &#224; objectiver la subjectivit&#233; autrement que sur le mode de l'absence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
APPROCHES EXPERIMENTALES DE LA SUBJECTIVIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le terme de conscience peut &#234;tre entendu dans des sens tr&#232;s diff&#233;rents. Il d&#233;signe, d'abord, le fait d'&#234;tre &#233;veill&#233; ou endormi, attentif ou distrait, c'est-&#224;-dire plus ou moins vigilant. Il se rapporte &#233;galement &#224; ce dont un sujet a connaissance : pens&#233;es, sentiments, perceptions r&#234;ves, raisonnements... Il renvoie enfin au sens ultime de l'action lorsqu'il s'agit de la conscience morale. La conscience s'offre donc &#224; l'investigation psychophysiologique comme l'expression d'un certain type d'activation du syst&#232;me nerveux aux prises avec l'environnement (niveau de vigilance) et comme la manifestation d'une certaine forme de connaissance s'appliquant au monde et &#224; soi-m&#234;me (conscience r&#233;flexive, conscience de soi).
_&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
L'h&#233;misph&#232;re gauche : un g&#233;n&#233;rateur d'hypoth&#232;ses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux probl&#232;mes sont pr&#233;sent&#233;s simultan&#233;ment, l'un &#224; l'h&#233;misph&#232;re gauche parlant et l'autre &#224; l'h&#233;misph&#232;re droit non parlant. Les r&#233;ponses &#224; chaque probl&#232;me sont expos&#233;es &#224; la vue du patient. (D'apr&#232;s Michael Gazzaniga et Joseph Le Doux, The Integrated Mind (New-York, Plenum, 1978).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;lectroenc&#233;phalographie et conscience&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;tude des trac&#233;s &#233;lectroenc&#233;phalographiques (EEG). associ&#233;s aux diff&#233;rents niveaux de vigilance chez l'homme, montre qu'&#224; l'&#233;vidence, ils ne sont pas li&#233;s de fa&#231;on univoque &#224; un &#233;tat de conscience donn&#233;. En effet, un m&#234;me type de trac&#233; (b&#234;ta) accompagne des &#233;tats aussi diff&#233;rents que la veille active associ&#233;e &#224; la conscience r&#233;flexive et le sommeil paradoxal associ&#233; &#224; la conscience onirique. Inversement, un m&#234;me &#233;tat de conscience (la conscience onirique) peut &#234;tre associ&#233; &#224; des trac&#233;s aussi diff&#233;rents que le rythme alpha (veille diffuse) et le rythme b&#234;ta (sommeil paradoxal).
&quot;Potentiels &#233;voqu&#233;s&quot; et conscience&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;tude des potentiels &#233;voqu&#233;s apporte &#233;galement des exemples frappants de non-concordance entre un &#233;tat de conscience et un indice &#233;lectrophysiologique. On sait que l'annulation des potentiels &#233;voqu&#233;s constitue -avec le silence &#233;lectroenc&#233;phalographiques (EEG plat) - L'un des deux crit&#232;res de la mort l&#233;gale (mort clinique). L'absence de potentiel &#233;voqu&#233; est a priori consid&#233;r&#233;e comme refl&#233;tant une absence de conscience. Or, nous avons pu constater que l'activit&#233; &#233;voqu&#233;e visuelle &#233;tait pratiquement annul&#233;e chez des moines tib&#233;tains en m&#233;ditation. Personne ne doute que les m&#233;ditants aient, &#224; ce moment, acc&#232;s &#224; des &#233;tats de conscience hautement &#233;labor&#233;s. L'annulation du potentiel &#233;voqu&#233; ne traduit donc pas n&#233;cessairement la suppression de toute forme de conscience.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La non-&#233;quivalence entre indice &#233;lectrophysiologique et &#233;tat de conscience peut encore &#234;tre illustr&#233;e avec la Variation Contingente N&#233;gative (VCN). Cette r&#233;ponse dont on sait qu'elle se d&#233;veloppe dans l'intervalle s&#233;parant un stimulus pr&#233;paratoire d'un stimulus imp&#233;ratif est, le plus souvent, absente chez les psychotiques et grands anxieux. Mais elle est &#233;galement transitoirement supprim&#233;e dans des &#233;tats de sati&#233;t&#233; (s&#233;dation) et de d&#233;tente (relaxation, m&#233;ditation). L'annulation de la VCN peut donc &#234;tre associ&#233;e &#224; des situations particuli&#232;rement contrast&#233;es du point de vue des &#233;tats de conscience v&#233;cus par le sujet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On voit bien, &#224; travers ces exemples, qu'il n'existe pas et ne peut pas exister de repr&#233;sentation &#233;lectroenc&#233;phalographiques de la conscience en tant que v&#233;cu subjectif. Il ne peut pas exister de phalographique du v&#233;su subjectif&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Y a-t-il quelqu'un ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sujet connaissant celui qui pr&#233;tend d&#233;cider appara&#238;t ici comme directement li&#233; &#224; ce qui r&#233;siste, ce qui &#233;chappe. Mais alors, dans la mesure o&#249; lui-m&#234;me ne peut que r&#233;sister. &#201;chapper &#224; toute forme d'objectivation, qu'en reste t'il ? Y a-t-il finalement quelqu'un qui d&#233;cide ? La notion de sujet ne se ram&#232;ne-t-elle pas seulement &#224; une fiction grammaticale permettant de rendre compte de comportements produits &#224; notre insu ? L'impossibilit&#233; radicale de toute forme de totalisation ne rend-elle pas vaine toute tentative d'&#233;lucidation du sujet ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait d&#233;sormais que la conscience ne se r&#233;sume pas &#224; une intuition claire et rationnelle, une saisie imm&#233;diate de l'objet. Il y a comme une alt&#233;rit&#233; interne au sujet- quelque chose qui pense. Il n'est plus possible d'envisager aujourd'hui la question du sujet pensant exclusivement sur le mode du cogito cart&#233;sien et il convient de prendre en compte la r&#233;alit&#233; des processus inconscients. De nombreux travaux confirment en effet que des processus non-intentionnels conditionnent l'activit&#233; intentionnelle, c'est-&#224;-dire que la conscience se r&#233;v&#232;le &#224; travers ce qui est non-accessible comme tel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Une conscience inconsciente ?
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La technique de l'&#233;coute dichotique permet d'envoyer simultan&#233;ment aux sujets deux messages auditifs diff&#233;rents. Il leur est demand&#233; d'&#234;tre attentif &#224; l'un des messages. Chacun d'entre nous a une oreille dominante (g&#233;n&#233;ralement la droite) pour les sons linguistiques. Le message entendu sur le canal dominant est facilement r&#233;p&#233;t&#233;, mais les sujets ne peuvent g&#233;n&#233;ralement pas dire grand-chose de ce qui s'est pass&#233; en m&#234;me temps sur l'autre canal. Ils peuvent indiquer qu'ils ont entendu une seconde voix, dire &#233;ventuellement que c'&#233;tait un homme ou une femme et savoir si la voix s'exprimait dans leur langue maternelle mais sont incapables de pr&#233;ciser ce qui a &#233;t&#233; dit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'exp&#233;rience de Lackner et Garrett on fait entendre, sur le canal principal, des phrases ambigu&#235;s du genre &quot; Le vol n'a dur&#233; que dix minutes &quot;. Si l'on ne fait rien entendre sur le canal secondaire (ou quelque chose qui n'a absolument rien &#224; voir) les sujets interpr&#232;tent al&#233;atoirement ces phrases ambigu&#235;s. Mais si on leur fait entendre sur le canal secondaire une phrase sugg&#233;rant une interpr&#233;tation telle que &lt;&lt; Un cambriolage a eu lieu &quot; ou &quot; L'avion a eu une panne &quot;, ils optent majoritairement pour l'interpr&#233;tation sugg&#233;r&#233;e bien qu'ils soient incapables de r&#233;p&#233;ter ce qui a &#233;t&#233; dit sur le canal secondaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le message re&#231;u par le canal secondaire doit donc &#234;tre trait&#233; jusqu'au niveau s&#233;mantique et &#234;tre compris bien qu'il ne soit pas consciemment per&#231;u. Qui comprend le message secondaire ? Qui interpr&#232;te la totalit&#233; du message ? Il y a dans cette exp&#233;rience quelque chose de troublant : l'h&#233;misph&#232;re gauche est semble-t-il capable de rendre compte de certaines informations g&#233;r&#233;es par l'h&#233;misph&#232;re droit sans pouvoir explicitement dire lesquelles, alors que l'h&#233;misph&#232;re droit serait capable de comprendre un message dont il ne peut explicitement rendre compte ! Il y aurait donc dans l'h&#233;misph&#232;re droit une forme de conscience inconsciente &#224; l 'h&#233;misph&#232;re gauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cision motrice et volont&#233; consciente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Potentiels de pr&#233;paration motrice pr&#233;c&#233;dant un mouvement unilat&#233;ral de la main droite (en A) ou bilat&#233;ral (en B).
D&#233;rivations (de haut en bas) pr&#233;centrale gauche, pr&#233;centrale droite, vertex (Cz), pari&#233;tale gauche, pari&#233;tale droite et pari&#233;tale m&#233;diane. Le potentiel de pr&#233;paration motrice est particuli&#232;rement ample au niveau du vertex et de la r&#233;gion pr&#233;centrale. Le trait vertical (z&#233;ro) correspond au d&#233;but du mouvement. Au vertex le potentiel de pr&#233;paration motrice commence pr&#232;s de 1 500 ms avant l'acte.	(D'apr&#232;s R. Kristera et al.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L' incompl&#233;tude : un nouveau paradigme&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'h&#233;misph&#232;re gauche : un g&#233;n&#233;rateur d hypoth&#232;ses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on pr&#233;sente simultan&#233;ment &#224; un patient splitbrain (un sujet dont le corps calleux - ce faisceau de fibres nerveuses qui relient entre eux les deux h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux- a &#233;t&#233; chirurgicalement sectionn&#233;) deux images (un chalet sous la neige, dans son h&#233;michamp gauche, et une t&#234;te de poulet, dans son h&#233;michamp droit, voir figure) et qu'on lui demande de d&#233;signer parmi plusieurs autres une image associ&#233;e, il en d&#233;signe deux, une avec chaque main (une patte de poulet avec la main droite et une pelle &#224; neige avec la main gauche). Si on lui demande d'expliciter la r&#233;ponse de sa main droite, cela ne pose aucun probl&#232;me &#224; son h&#233;misph&#232;re gauche verbal, mais ce dernier se trouve totalement d&#233;sempar&#233; pour justi&#64257;er la r&#233;ponse de la main gauche (command&#233;e par l'h&#233;misph&#232;re droit).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il (son h&#233;misph&#232;re gauche) ne tarde pas cependant &#224; inventer une justi&#64257;cation de cette r&#233;ponse de la main gauche (par exemple qu' il faut une pelle pour nettoyer le poulailler). Le syst&#232;me cognitif de l'h&#233;misph&#232;re gauche a besoin d'une th&#233;orie pour expliquer une r&#233;ponse qui lui &#233;chappe. De m&#234;me. si un ordre simple est projet&#233; dans le champ visuel gauche comme &quot;marchez&quot;, le sujet l'ex&#233;cute et si on lui demande o&#249; il va, il (son h&#233;misph&#232;re gauche) inventera instantan&#233;ment une raison. L'h&#233;misph&#232;re gauche se trouve confront&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; d'expliquer un comportement patent dont il n'a pas eu l'initiative. Pour Gazzaniga, ce ph&#233;nom&#232;ne est le fondement m&#234;me du syst&#232;me de r&#232;gles qui aident les gens normaux &#224; se construire un sentiment personnel de perception consciente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on projette deux mots diff&#233;rents un dans chaque champ visuel, et qu' on demande au sujet de dessiner de sa main droite une image de ce qu' il voit, il dessine d'abord le stimulus re&#231;u par l h&#233;misph&#232;re gauche puis compl&#232;te le dessin selon le stimulus re&#231;u &#224; droite. Si on lui demande de justifier cet ajout, il est &#233;tonn&#233;, fait quelques griffonnages suppl&#233;mentaires et produit une interpr&#233;tation plus ou moins adapt&#233;e. Dans la vie quotidienne, c'est en permanence que le sujet se trouve contraint d'interpr&#233;ter des comportements r&#233;els dont la cause &#233;chappe &#224; sa volont&#233; consciente, en &#233;laborant une th&#233;orie justifiant a posteriori les raisons de leur manifestation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Celui qui sait et celui qui dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chez les sujets split-brain chaque h&#233;misph&#232;re ignore ce que fait l'autre. Ainsi, ces patients ne peuvent nommer un objet plac&#233; hors de leur vue que s'ils le tiennent de la main droite. De m&#234;me, ils rapportent verbalement les stimuli pr&#233;sent&#233;s dans leur champ visuel droit mais sont incapables de dire quoi que ce soit &#224; propos des stimuli pr&#233;sent&#233;s dans le champ oppos&#233; (gauche, h&#233;misph&#232;re droit). Cependant les sujets ou plut&#244;t leur h&#233;misph&#232;re droit per&#231;oivent parfaitement ce qui leur est pr&#233;sent&#233; dans le champ visuel gauche, comme en t&#233;moigne le fait qu'avec leur main gauche, ils sont capables de s&#233;lectionner l'objet correspondant parmi d'autres cach&#233;s &#224; leur regard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette situation est encore plus caract&#233;ristique avec des stimuli &#224; forte valeur affective. Si l'on pro jette dans l'h&#233;michamp gauche (h&#233;misph&#232;re droit) du sujet une photo de nu, il manifeste une r&#233;action &#233;motionnelle per&#231;ue par son h&#233;misph&#232;re gauche qui nie verbalement avoir vu quoi que ce soit (ce qui est exact) mais qui, bien que ne sachant pas ce que l'h&#233;misph&#232;re droit a effectivement per&#231;u, va quand m&#234;me construire une interpr&#233;tation du trouble ressenti. L'h&#233;misph&#232;re gauche, verbal, est donc capable d'&#233;laborer des rationalisations fond&#233;es sur des indices partiels et parfois erron&#233;s produits par l'h&#233;misph&#232;re droit. L h&#233;misph&#232;re droit sait m&#234;me s' il ne peut pas dire. L h&#233;misph&#232;re gauche ne peut s' emp&#234;cher de dire m&#234;me ce qu' il ne sait pas !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cision motrice et volont&#233; consciente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fait que, dans une large mesure. le sujet ne soit pas conscient des raisons pour lesquelles il est conscient (les m&#233;canismes de la conscience &#233;chappent &#224; la conscience) ne signifie certainement pas que la conscience soit illusoire et le sujet inexistant. Une exp&#233;rience de Libet pose de fa&#231;on tr&#232;s spectaculaire la question de l'existence d'un op&#233;rateur conscient qui &#233;chappe au m&#233;canisme c&#233;r&#233;bral. Elle concerne l'acte moteur volontaire et touche directement au probl&#232;me crucial du libre arbitre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Libet a en effet montr&#233; que le potentiel de pr&#233;paration motrice qui est initi&#233; plusieurs centaines de millisecondes avant l'acte moteur volontaire comme l'a montr&#233; Kornhuber atteint son maximum environ 150ms &#224;200 ms avant l'acte au moment o&#249; l'intention d'agir est &#233;prouv&#233;e par le sujet. La conclusion quisemble s'imposer est que l'initiation c&#233;r&#233;brale d'un acte moteur volontaire, spontan&#233; et totalement libre est d'abord inconsciente. Il existe cependant, selon Libet, au moins deux situations dans lesquelles le contr&#244;le conscient est op&#233;ratoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il peut y avoir, d'une part, une sorte de veto qui fait avorter l'acte initi&#233; m&#234;me dans le cas d'un acte volontaire autonome. Cela reste possible parce que la prise de conscience de l'intention d'agir, m&#234;me si elle appara&#238;t bien apr&#232;s le d&#233;but du potentiel de pr&#233;paration motrice, se manifeste encore suffisamment t&#244;t (environ 150 &#224; 200 ms avant le d&#233;but de la commande motrice proprement dite) pour interrompre le processus en cours. Les sujets de Libet ont effectivement rapport&#233; de telles interruptions associ&#233;es &#224; des potentiels de pr&#233;paration a vort&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Le cerveau ne &quot;contient&quot; pas l 'homme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces exp&#233;riences, particuli&#232;rement spectaculaires, dont l'interpr&#233;tation reste largement ouverte, t&#233;moignent du fait que la conscience du sujet n'est pas r&#233;ductible &#224; ses conditionnements neurophysiologiques. Comme le souligne Pierre L&#233;vy, &quot;I'explication m&#233;caniste s'arr&#234;te devant l'utilit&#233; non fonctionnlle du sujet pensant et cette difficult&#233; ne tient ni &#224; des pr&#233;jug&#233;s religieux ni &#224; des raisons th&#233;ologiques &gt;&gt;. Le sujet est irr&#233;ductible aux processus neuronaux qui conditionnent son effectivit&#233;. Il r&#233;siste &#224; toute forme d'objectivation. Toute &#233;num&#233;ration physicaliste de la personne humaine est -et sera toujours-incompl&#232;te. Cette incompl&#233;tude- cette radicale impossibilit&#233; d'exhiber la totalit&#233; que je suis- ne permet de conclure objectivement ni &#224; la pr&#233;sence certaine, ni &#224; l'absence certaine, d'un op&#233;rateur m&#233;taphysique. Les donn&#233;es objectives ne sauraient permettre- sans contradiction &#233;vidente - d'attester de mani&#232;re irr&#233;futable l'existence de ce qui, par nature, leur &#233;chappe. L'homme ne se contient pas Ce qui le constitue - son origine - lui &#233;happe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre hypoth&#232;se consiste &#224; dire que le sujet (I'esprit, le sens) ne cause pas, au sens physique habituel du terme le fonctionnement des neurones, mais s'identifie &#224; la causalit&#233; qui s'exprime dans ce fonctionnement. Or la causalit&#233; n'est pas repr&#233;sentable : elle se montre dans les&quot; causes&quot;qui conditionnent /e fonctionnement du cerveau. Le rapport de la condition (le cerveau) et de l'inconditionn&#233; (I'esprit) constitutif du sujet n'est donc pas repr&#233;sentable : il ne peut q'&#234;tre v&#233;cu que la conscience du sujet n'est nement neurophysiologiques&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;.
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
L'INCERTITUDE : &#201;CHEC DE LA RAISON OU RAISON D'UN &#201;CHEC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au contraire du paradigme de la science classique, domin&#233; par les notions de permanence et de stabilit&#233;, de pr&#233;vision et de ma&#238;trise, I'&#233;mergence de la physique quantique et la mise en question simultan&#233;e des fondements de la logique marquent l'av&#232;nement dans le champ du rationnel, des notions d'incertitude(d'incompl&#233;tude, d'ind&#233;cidabilit&#233;, qui modifient radicalement le statut de la connaissance et celui du sujet connaissant. Toutefois, alors que cette incertitude pouvait appara&#238;tre comme r&#233;ductible. n&#233;gligeable, r&#233;siduelle, l'&#233;volution de la science contemporaine nous invite &#224; prendre toute la mesure de la positivit&#233; de cette incertitude qui se r&#233;v&#232;le &#234;tre la condition m&#234;me de la connaissance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
La fin du r&#234;ve laplacien : l 'av&#232;nement d 'un nouveau paradigme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le projet laplacien n'a pas surv&#233;cu &#224; son si&#232;cle. Si, en effet, pour un syst&#232;me compos&#233; de deux corps en interaction, les lois de Newton permettent de pr&#233;voir compl&#232;tement son &#233;volution d&#232;s lors qu'on conna&#238;t les diff&#233;rentes composantes des trajectoires de chacun, ceci n'est plus possible pour un syst&#232;me &#224; trois corps (et a fortiori pour un syst&#232;me &#224; n corps). Pour d&#233;crire compl&#232;tement l' &#233;volution de la position de trois points en interaction dans l'espace. il faut ma&#238;triser un syst&#232;me de neuf relations du type y = f(t). Poincar&#233; a d&#233;montr&#233; qu'une solution compl&#232;te au probl&#232;me des trois corps, c'est-&#224;-dire permettant de calculer leur position &#224; chaque instant par simple substitution &#224; partir des neuf &#233;quations en question est rigoureusement impossible. Cela ne signi&#64257;e pas qu'il soit impossible de calculer point par point ( pas &#224; pas) de telles trajectoires. mais qu'il n'existe pas (et ne peut pas exister) de solution analytique g&#233;n&#233;rale au probl&#232;me des trois corps. la pr&#233;visibilit&#233; compl&#232;te est donc impossible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette premi&#232;re d&#233;monstration d'impossibilit&#233; inaugure une s&#233;rie de r&#233;sultats qui, dans les premi&#232;res d&#233;cennies du XXe si&#232;cle ont d&#233;finitivement mis un terme &#224; toute vell&#233;it&#233; de totalisation du savoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Wittgenstein et l'indicible
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pr&#233;tention &#224; la compl&#233;tude du discours scientifique qui va de paire avec la revendication de certitude. suppose l`existence d'un lantiaoc susceptible te refl&#233;ter la totalit&#233; du r&#233;el. Ce sont les conditions de possibilite d'un tel language que Wittgenstein cherche &#224; d&#233;finir dans Ie &quot;Tractatus logico-philosophicus&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette d&#233;marche conduit finalement &#224; constater que la structure logique du langage ne peut &#234;tre d&#233;crite &#224; l'int&#233;rieur du langage lui-m&#234;me (le th&#233;or&#232;me de G&#246;del, dont il sera question plus loin, exprime la m&#234;me impossibilit&#233; pour tout syst&#232;me formel).Si, pour Wittgenstein, la totalit&#233; du langage repr&#233;sente la totalit&#233; de la r&#233;alit&#233; et constitue un tableau complet du monde, il reste que, dans le langage et &#224; travers lui, se montre quelque chose qui ne peut &#234;tre dit et qu'il appelle &quot; I'&#233;l&#233;ment mystique &quot;. La proposition constitue la projection (le tableau) d'un &#233;tat de chose possible. Mais le sens de la proposition ne peut &#234;tre repr&#233;sent&#233; dans le tableau. Autrement dit, ce dans quoi ou gr&#226;ce &#224; quoi on repr&#233;sente, n'est pas repr&#233;sentable (est inexprimable).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut montrer le sens d'une proposition en accumulant les traductions, mais on ne communiquera jamais que des propositions. L'essentiel, c'est ce qui ne peut pas &#234;tre dit. Le langage nous permet de dire comment est le monde. Mais il ne nous permet de dire ni ce par quoi il est langage (ce par quoi il a un sens), puisque le fondement de la possibilit&#233; du sens est par nature non dicible, ni ce par quoi le monde est ce qu'il est (ce en quoi il trouve son fondement). Le sens se montre dans la structure m&#234;me de l'&#233;nonc&#233; mais ne se dit pas. Il y a donc de l 'inexprimable au-del&#224; du langage. Mais cet inexprimable n'est pas radicalement &#233;tranger au langage, il n en est pas compl&#232;tement s&#233;par&#233;. Au contraire, bien qu'il ne puisse pas &#234;tre dit, il se r&#233;v&#232;le comme ce qui limite le langage et en m&#234;me temps le rend possible. Qu il y ait de l'indicible, c'est finalement la condition pour qu'il y ait du sens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;G&#246;del et l'ind&#233;cidable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous venons de voir avec Wittgenstein que le langage ne peut pas refl&#233;ter ad&#233;quatement la totalit&#233;. Pourtant, la science classique - avec son r&#234;ve de pr&#233;visibilit&#233; absolue - affirme sa volont&#233; de construire un syst&#232;me de repr&#233;sentation exhaustif. Mais pour constituer un tel syst&#232;me formel il faudrait pouvoir d&#233;montrer sa coh&#233;rence (sa consistance) de mani&#232;re absolue, sans avoir &#224; pr&#233;supposer la coh&#233;rence (la consistance) d'aucun autre syst&#232;me. Pour &#233;viter le pi&#232;ge de la r&#233;gression in&#64257;nie des &#233;nonc&#233;s justi&#64257;cateurs et celui des fausses &#233;vidences de l'exp&#233;rience sensible, il faudrait donc pouvoir d&#233;montrer que la logique est compl&#232;te et non contradictoire, sans avoir recours &#224; d'autres ressources que les siennes propres, c'est-&#224;-dire qu'elle se suffit &#224; elle-m&#234;me. La tentative la plus &#233;labor&#233;e fut celle de Hilbert, qui pr&#233;tendait pouvoir d&#233;montrer la consistance absolue de la logique de mani&#232;re purement formelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, les travaux de G&#246;del sont venus mettre un terme aux pr&#233;tentions du programme de Hilbert et ruiner d&#233;finitivement toutespoir de d&#233;monstration de la consistance absolue de la logique. Les r&#233;sultats de G&#246;del indiquent, en substance, qu'il est logiquement impossible de donner une d&#233;monstration m&#233;ta-math&#233;matique de la consistance de l'arithm&#233;tique et qu'il existe donc des propositions d'arithm&#233;tique vraies qu'on ne peut pas d&#233;duire des axiomes (des &#233;nonc&#233;s vrais non d&#233;montrables). Il s'ensuit qu'aucune th&#233;orie ne peut apporter par elle-m&#234;me la preuve de sa propre consistance et que l'autodescription compl&#232;te est logiquement impossible. La consistance implique l 'incompl&#233;tude et la compl&#233;tude ne peut &#234;tre obtenue qu'aux d&#233;pens de la consistance. La logique ne se contient pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Heisenberg et l 'ind&#233;termination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La physique quantique constitue, on le sait, une remise en cause radicale de notre conception de l'univers associ&#233;e &#224; un changement, non moins radical, du statut de l'observateur. La r&#233;alit&#233; d&#233;crite par la physique n'est plus ind&#233;pendante des modalit&#233;s de la description. L'observation suppose la participation d'un observateur et implique une observ ation avec l'objet observ&#233;. Mesurer, c'est agir sur le r&#233;el ou plut&#244;t interagir avec lui. Une telle interaction perturbe n&#233;cessairement l'objet et il s'ensuit que toute mesure est entach&#233;e d'une irr&#233;ductible ind&#233;termination exprim&#233;&#233;, dans le formalisme de la physique quantique, par la c&#233;l&#232;bre relation d'incertitude (d'ind&#233;termination) de Heisenberg. L'incertain appara&#238;t ici coextensif -sinon du R&#233;el - du moins de la connaissance que nous pouvons en avoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le principe de compl&#233;mentarit&#233; de Bohr met un terme d&#233;finitif &#224; la dualit&#233; onde-corpuscule. L'aspect ondulatoire et l'aspect corpusculaire sont deux expressions compl&#233;mentaires d'une m&#234;me r&#233;alit&#233;. C'est l'acte de mesure, c'est-&#224;-dire l'interaction avec un instrument de mesure et un observateur, qui fait basculer la particule d'un aspect &#224; I'autre. Mais la connaissance de chacun de ces deux aspects est mutuellement exclusive. C'est ce qu'exprime la relation d'incertitude de Heisenberg selon laquelle il est impossible au niveau micro-physique d'attribuer &#224; une particule, simultan&#233;ment et avec la m&#234;me pr&#233;cision, une position et une vitesse (quantit&#233; de mouvement) d&#233;termin&#233;es. Cela est li&#233; au fait que pour appr&#233;cier la position, il faut utiliser un rayonnement qui va modifier la vitesse. La pr&#233;cision sur la position et le produit des incertitudes ne peuvent pas &#234;tre inf&#233;rieur &#224; une valeur fix&#233;e par la relation de Heisenberg. Il y a donc une limite absolue un butoir &#224; la connaissance de l'objet quantique. &quot;De tout cela &#233;merge la vision d'un univers irr&#233;solu&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Lacan et l'incompl&#233;tude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me si cela peut para&#238;tre surprenant d'encha&#238;ner de la physique &#224; la psychanalyse, il est pourtant tout &#224; fait remarquable de constater que Lacan se situe dans la m&#234;me logique que les trois auteurs pr&#233;c&#233;dents : celle de l'incompl&#233;tude. Le sujet, selon Lacan, est un sujet divis&#233;, &quot; un sujet barr&#233; &quot;. Pr&#233;c&#233;d&#233; par le langage. il ne peut se structurer qu'autour d'un manque. On est toujours oblig&#233; de pr&#233;supposer quelque chose dont on n'est pas le ma&#238;tre. On ne peut, en effet, rien dire du signifiant qui nous pr&#233;c&#232;de mais seulement en constater les effets. Il faut assumer ce manque, accepter l'incompl&#233;tude, la faille, la castration, admettre que nous ne sommes pas tout, que nous n'avons pas acc&#232;s au tout. Mais un tel manque est structurant, c'est avec lui que s'op&#232;re dans le langage -le passage de l'imaginaire au symbolique, de la jouissance au d&#233;sir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que Lacan appelle l'objet - cause du d&#233;sir - n'est jamais atteint. Il n'y a jamais co&#239;ncidence totale entre la demande et ce qui serait une r&#233;ponse compl&#232;te &#224; cette demande. Quelque chose &#233;chappe - qui est de l'ordre de l'origine - et c'est pourquoi il convient de n'enfermer le sujet dans aucune forme d'objectivit&#233;. On n'a pas prise sur le sujet. Il y a l&#224; quelque chose d'irrepr&#233;sentable. Le d&#233;sir du sujet circule de signifiant en signifiant mais, contrairement aux signes, le signi&#64257;ant n'est pas un message. C'est ainsi qu'il n'y a pas de signifiant qui se signifierait lui-m&#234;me. Il n'y a pas non plus de m&#233;ta-langage. Ce qui fait arr&#234;t &#224; la cha&#238;ne des signi&#64257;ants n'est donc pas un signi&#64257;ant ultime qui s'&#233;galerait &#224; sa propre signification mais une fonction que Lacan appelle la fonction &quot; paternelle .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec la division originelle du sujet. on retrouve le m&#234;me type d'alternative que chez G&#246;del ou Heisenberg. On ne peut pas ne pas choisir puisqu'on ne peut pas &#224; la fois penser et &#234;tre. et ce que l'on gagne d'un c&#244;t&#233;,on le perd de l'autre. Quoiqu'on choisisse, on perd quelque chose. La m&#233;taphore de&quot;la bourse ou la vie&quot; est ici tr&#232;s parlante. Je ne peux pas garder et 'la bourse&quot; et &quot;la vie&quot;. Je ne peux garder la vie qu' elid&#233;e (&#233;corn&#233;e) de la bourse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il appara&#238;t &#224; I'&#233;vidence que tant l'&#233;tude du langage (Wittgenstein) ou celle de la logique (G&#246;del) que celle de la structure de la mati&#232;re (Heisenberg) ou de l'inconscient (Lacan) d&#233;bouchent sur le m&#234;me constat d'incompl&#233;tude le m&#234;me horizon d'ind&#233;cidabilit&#233;, la m&#234;me impossibilit&#233; &#224; limiter le vrai &#224; la totalit&#233; de ce qui peut &#234;tre dit, formellement d&#233;montr&#233; ou imm&#233;diatement mesur&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Ce qui &#233;chappe m '&#233;chappe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout ce qui pr&#233;c&#232;de conduit au m&#234;me constat : &#231;a &#233;chappe. Reconna&#238;tre que quelque chose est formalisable c'est aussi reconna&#238;tre que quelque chose de cette chose &#233;chappe n&#233;cessairement. La formalisation serait impossible si elle n'impliquait pas que quelque chose &#233;chappe. Tout ensemble de traces (toute &#233;criture, tout langage, tout syst&#232;me formel, toute mesure) suppose un insu qui, pr&#233;cis&#233;ment, ne laisse pas de trace mais se manifeste dans les blancs de l'&#233;criture. Le socle m&#234;me de l'&#233;criture ne peut s'&#233;crire comme le socle du langage ne peut se dire, comme le socle de la logique formelle ne peut se formaliser. Bien que ne pouvant ni s'&#233;crire, ni se dire, le fondement se montre dans l'acte de parole ou d'&#233;criture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il d&#233;signe ce que je dois d'embl&#233;e admettre pour que la connaissance soit possible. En fait, &#233;laborer une th&#233;orie de la connaissance, c'est &#233;laborer une th&#233;orie de ce qui nous &#233;chappe et quand on parle de ce qui &#233;chappe on en parle toujours &#224; c&#244;t&#233;. On peut affirmer que quelque chose &#233;chappe mais on ne peut pas dire ce qui &#233;chappe. Aucun ensemble de traces n'est donc absolu et aucun discours ne peut s`affranchir du fait qu'il n'est pas complet. On se sert cependant de ce qu' on ignore parce qu' on peut l' effectuer en acte. Mais ce qui est de l'ordre de l'effectuation n`est pas formellement d&#233;celable. Puisque la construction initiale est fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se que les blancs ne sont rien, il est impossible de montrer qu'ils sont quelque chose dans ce syst&#232;me. Les blancs n'existent en fait qu'assum&#233;s. Toute &#233;criture et tout discours suppose donc un sujet mais ce sujet ne laisse pas de trace. Or, il est toujours possible de nier l'existence de ce qui ne laisse pas de trace. Comment penser alors l'existence d'un sujet qui &#233;chappe ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux notions classiques de causalit&#233; lin&#233;aire, r&#233;duction, intelligibilit&#233; compl&#232;te, ma&#238;trise, stabilit&#233;, pr&#233;visibilit&#233;, font place &#224; celles de sensibilit&#233; aux conditions initiales, irr&#233;ductibilit&#233;, incompl&#233;tude, incertitude, instabilit&#233;, impr&#233;dictibilit&#233;. De tout cela &#233;merge la vision d'un univers irr&#233;solu, d'un monde ouvert &#224; la question de sa signification.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Notes Bibliographiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M. Gazzaniga, Le cerveau social. &#201;d. R. Laffont, 1987. B. Libet, Unconscious cerebral initiative and the role of conscious will in voluntary action. Behavioral &amp; Brain Sciences, 1985, 8 : 529-539.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;P. L&#233;vy, La machine univers. &#201;d. La d&#233;couverte, 1987.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L. Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus. Gallimard, Coli. Tel, 1961.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;E. Nagel, J. Newman, K. Godel, J.-Y. Girard, Le Th&#233;oreme de GodeL &#201;d. Seuil, 1989. W. Heisenberg. Physique et philosophie. &#201;d. A.Michel, 1961.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J. Lacan, &#201;crits. Ed. Seuil, 1966.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Jean-Michel Oughourlian</title>
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<category domain="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique75">Vid&#233;o</category>


		<description>Au programme d'UIP TV, un entretien avec Jean-Michel Oughourlian professeur &#233;m&#233;rite de psychopathologie clinique &#224; l'Universit&#233; de Paris et ancien directeur du d&#233;partement psychiatrique de l'h&#244;pital Am&#233;ricain de Paris. Dans cette interview, Jean-Michel Oughourlian revient sur le d&#233;sir mim&#233;tique chez l'homme, confirm&#233; par les neurosciences et leur th&#233;orie des neurones miroirs. Jean-Michel Oughourlian explique &#233;galement les processus qui sont &#224; l'origine de la violence, mais aussi pourquoi le sacr&#233; est quelque chose de fondamental chez l'&#234;tre humain.

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Co-auteur avec Ren&#233; Girard de l'ouvrage &quot;Des choses cach&#233;es depuis la fondation du monde&quot;, Jean-Michel Oughourlian est &#233;galement l'auteur de &#147;Un mime nomm&#233; d&#233;sir&#148; qui d&#233;veloppe la th&#233;orie mim&#233;tique pour en faire une m&#233;thodologie psychologique. Il vient par ailleurs juste de sortir son dernier ouvrage &quot;Psychopolitique&quot; aux &#233;ditions Fran&#231;ois-Xavier de Guibert. Vous pouvez rencontrer l'auteur pour un cocktail avec signature du livre le 15 avril de 18h &#224; 21h &#224; la librairie Julliard : 229 Boulevard Saint-Germain 75 007 Paris (m&#233;tro Solf&#233;rino).&lt;/p&gt; &lt;object width=&quot;420&quot; height=&quot;337&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/tSz5_LlQdpw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/tSz5_LlQdpw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;420&quot; height=&quot;337&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Vous pouvez &#233;galement visionner d'autres entretiens en cliquant dans : &lt;a href=&quot;http://www.uip.edu/uip/spip.php?page=rubrique&amp;titre_mot=video&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la rubrique vid&#233;o du site de l'UIP&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Entretien avec Dominique Laplane (2/2)</title>
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		<description>Dans ce deuxi&#232;me volet de son interview, Dominique Laplane nous parle d'un syndrome qu'il a d&#233;couvert et dont l'importance n'a pas encore &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e par la majorit&#233; de la communaut&#233; des neurosciences. Celui du syndrome de perte de l'auto-activation. Les personnes concern&#233;es connaissent des moments de conscience vide ou de conscience pure o&#249; ils disent &#234;tre conscients ... sans que cette conscience repose sur le moindre contenu. La conscience ne se r&#233;duit pas ainsi &#224; des contenus de conscience mais para&#238;t avoir son existence propre.

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominique Laplane rapproche ces &#233;tats de ceux atteints, d'apr&#232;s leur t&#233;moignages par un certain nombre de m&#233;ditants. Une introduction &#224; la pens&#233;e d'un des grands neurologues fran&#231;ais auteur de &#171; Penser, c'est-&#224;-dire ? : Enqu&#234;te neurophilosophique &#187; aux &#233;ditions Armand Colin, de &#171; La Pens&#233;e sans langage et la relation pens&#233;e-langage, &#187; Ed. Synthelabo et de &#147;La mouche dans le bocal, essai sur la libert&#233; de l'homme neuronal&#148; Ed. Plon.&lt;/p&gt; &lt;object width=&quot;420&quot; height=&quot;337&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/9E6WGPWfke4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/9E6WGPWfke4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;420&quot; height=&quot;337&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous pouvez &#233;galement visionner d'autres entretiens en cliquant dans : &lt;a href=&quot;http://www.uip.edu/uip/spip.php?page=rubrique&amp;titre_mot=video&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la rubrique vid&#233;o du site de l'UIP&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Entretien avec Dominique Laplane </title>
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		<description>Au sommaire d'UIP TV, un entretien avec le neurologiste Dominique Laplane, ancien directeur de d&#233;partement &#224; l'h&#244;pital de la Piti&#233; Salp&#234;tri&#232;re &#224; Paris et professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'universit&#233; Paris VI . Dans la premi&#232;re partie de cette interview, Dominique Laplane affirme notamment que la conscience est une composante fondamentale de l'univers. Une introduction &#224; la pens&#233;e d'un des grands neurologues fran&#231;ais auteur de &#171; Penser,c'est-&#224;-dire &#187; ? : Enqu&#234;te neurophilosophique aux &#233;ditions Armand Colin, de &quot;La pens&#233;e d'outre mots. La Pens&#233;e sans langage et la relation pens&#233;e-langage. Editions Synth&#233;labo &quot;les emp&#234;cheurs de penser en rond&quot;. 1997 et de &#147;La mouche dans le bocal, essai sur la libert&#233; de l'homme neuronal&#148; Ed. Plon.

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	</item>



	<item>
		<title>Entretien avec le math&#233;maticien Jacques Vauthier</title>
		<link>http://www.uip.edu/uip/spip.php?article698</link>
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		<dc:date>2010-02-22T11:01:30Z</dc:date>
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		<description>A l'occasion de la cr&#233;ation de la cha&#238;ne UIPTV sur Youtube, nous vous proposons de regarder un entretien avec le math&#233;maticien Jacques Vauthier, professeur &#224; l'Universit&#233; Pierre et Marie Curie ( Paris IV). Auteur de plusieurs ouvrages, Jacques Vauthier aborde dans cette interview les implications philosophiques des math&#233;matiques, le th&#233;or&#232;me de G&#246;del, mais aussi l'apport des math&#233;matiques au dialogue entre les civilisations.

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	</item>



	<item>
		<title>Le non-darwinisme visionnaire de James Cameron</title>
		<link>http://www.uip.edu/uip/spip.php?article695</link>
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		<dc:date>2010-01-22T08:29:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Staune</dc:creator>

<category domain="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique35">BIOLOGIE</category>


		<description>Nous vous proposons de lire cet article de Jean Staune &#171; Le non-darwinisme visionnaire de James Cameron &#187; paru sur le site du Monde.fr en date du 21 janvier 2010. Cette contribution de Jean Staune dans la rubrique &quot;Point de vue&quot; du Monde.fr, intervient en r&#233;ponse &#224; une r&#233;flexion de Thomas Heams intitul&#233;e &#171; James Cameron, encore un effort pour &#234;tre darwinien ! &#187; publi&#233;e dans la rubrique &quot;Opinions&quot; du quotidien du soir le 17 janvier et qui est disponible ci-dessous.

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&lt;a href="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;BIOLOGIE&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.uip.edu/uip/IMG/arton695.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;178&quot; height=&quot;228&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les grands films de science-fiction permettent souvent d'aborder de fa&#231;on ludique des questions scientifiques ou philosophiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avatar ne fait pas exception &#224; la r&#232;gle en nous incitant &#224; nous interroger si, sur une plan&#232;te ou r&#233;gnerait des conditions proches de la terre, l'&#233;volution se d&#233;roulerait de fa&#231;on relativement identique ou de fa&#231;on tout &#224; fait diff&#233;rente &#224; celle ayant conduit jusqu'&#224; nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'article de Thomas Heams (lire Le Monde des 17 et 18 janvier) repose sur la position darwinienne standard. Chaque trajectoire menant de l'anc&#234;tre commun aux diff&#233;rents &#234;tres vivants existant actuellement sur terre n'a &#233;t&#233; possible que gr&#226;ce &#224; l'accumulation d'un tr&#232;s grand nombre d'&#233;v&#233;nements contingents, ce qui am&#232;ne &#224; penser que la probabilit&#233; de revoir la m&#234;me trajectoire se d&#233;rouler, non seulement sur terre mais aussi ailleurs dans l'univers, et arriver au m&#234;me r&#233;sultat, est quasiment nulle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ainsi que Heams reproche (de fa&#231;on humoristique) &#224; Cameron de laisser penser que les structures des &#234;tres vivants seraient &quot;in&#233;luctables et implacablement reproduites l&#224; o&#249; la vie r&#233;appara&#238;trait&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or c'est justement dans ce sens que se dirige quelques-unes des recherches les plus novatrices dans le domaine de l'&#233;volution ! Ainsi, l'un des plus grands pal&#233;ontologistes actuels, Simon Conway Morris, titulaire de la chaire de pal&#233;ontologie de l'universit&#233; de Cambridge, n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &quot;Les mammif&#232;res et les singes sont apparus par le biais de trajectoires historiques sp&#233;cifiques, mais dans ces cas (et dans beaucoup d'autres), les convergences vari&#233;es en direction des mammif&#232;res et des singes indiquent que si chaque histoire est n&#233;cessairement unique, les formes complexes que l'on trouve au bout de ces processus ne sont pas simplement le r&#233;sultat d'&#233;v&#233;nements locaux et al&#233;atoires. Sur toute autre plan&#232;te aux caract&#233;ristiques &#233;quivalentes, je sugg&#232;re que nous trouverons des animaux tr&#232;s proches des mammif&#232;res, et des mammif&#232;res tr&#232;s proches des singes. Non pas identiques, mais similaires, peut-&#234;tre &#233;tonnamment similaires.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est &#233;vident que la contingence et le hasard jouent un r&#244;le dans l'&#233;volution, mais l'id&#233;e majeure de cette nouvelle approche r&#233;side dans le fait qu'ils sont canalis&#233;s de telle fa&#231;on que l'&#233;volution serait en grande partie reproductible et pr&#233;dictible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On affirme parfois nous ne serions pas l&#224; si une m&#233;t&#233;orite n'avait pas &#233;limin&#233; les dinosaures, mais dans ce cas, une &#232;re glaciaire aurait fini par survenir, &#233;liminant les grands animaux &#224; sang froid et favorisant des petits animaux &#224; sang chaud, et permettant &#224; des &#234;tres comme nous d'appara&#238;tre un jour ou l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-del&#224; de cette id&#233;e du hasard canalis&#233;, d'autres m&#233;canismes doivent &#234;tre envisag&#233;s pour expliquer cette disposition de l'&#233;volution &#224; reproduire des sch&#233;mas identiques en d&#233;pit des &#233;v&#233;nements contingents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A une &#233;volution qui se d&#233;roulerait majoritairement par s&#233;lection naturelle s'oppose l'id&#233;e d'une &#233;volution qui se d&#233;roulerait principalement sous l'influence des lois de la nature. C'est ce qui explique que l'&#233;volution pourrait ainsi se reproduire sur des plan&#232;tes diff&#233;rentes &#224; partir du moment o&#249; les conditions physico-chimiques seraient proches.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est impossible de savoir quelle hypoth&#232;se est la plus cr&#233;dible tant que nous ne pouvons &#233;tudier que des formes de vie issues d'une seule et unique plan&#232;te. Mais c'est l&#224; qu'une s&#233;rie de r&#233;sultats r&#233;cents, publi&#233;s dans des grandes revues scientifiques telles que Science et Nature, nous fournissent, &#224; d&#233;faut de preuves, des &#233;l&#233;ments en faveur d'une &#233;volution reposant sur les lois naturelles et non sur la seule s&#233;lection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &#233;tudiant d'une part des convergences qui existent sur terre (c'est-&#224;-dire des cas o&#249; l'&#233;volution parvient &#224; des r&#233;sultats identiques par des chemins diff&#233;rents) et d'autre part en montrant que les chemins suivis par l'&#233;volution sont moins nombreux que pr&#233;vus, ces travaux nous conduisent &#224; des conclusions inimaginables il y a encore cinq ans : le fait qu'il existe seulement un petit nombre de chemins favorables implique que l'&#233;volution peut &#234;tre plus reproductible que ce que l'on pense g&#233;n&#233;ralement et peut &#234;tre m&#234;me pr&#233;dictible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, exactement &#224; l'inverse de ce qu'affirme Thomas Heams, les progr&#232;s de la biologie contestent l'id&#233;e que l'adaptation et la contingence seraient les facteurs cl&#233;s de l'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait m&#234;me en ironisant reprocher &#224; Cameron de ne pas avoir &#233;t&#233; assez loin dans sa remise en cause de la contingence et dans sa d&#233;fense d'une &#233;volution r&#233;p&#233;table et pr&#233;dictible. En effet, les animaux de Pandora ont six membres, alors que si l'on se fie aux travaux de Vincent Fleury (chercheur au CNRS, ndlr), on constate qu'il y a une logique et des contraintes telles &#224; la formation de vert&#233;br&#233;s terrestres pourvus de quatre membres, qu'il est tout &#224; fait possible que le sch&#233;ma t&#233;trapode puisse appara&#238;tre sur Pandora et d'autres plan&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette nouvelle conception, intitul&#233;e structuralisme, renoue avec les pens&#233;es de certains scientifiques qui &#233;taient &#233;volutionnistes tout en &#233;tant parfois ant&#233;rieurs &#224; Darwin, comme Geoffroy Saint-Hilaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Stephen Jay Gould, dans un de ses ouvrages, a r&#233;habilit&#233; ce courant de pens&#233;e qui nous offre une alternative &#224; la fois au darwinisme et &#224; l'&quot;intelligent design&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces deux approches, pourtant oppos&#233;es, ont en commun de consid&#233;rer les &#234;tres vivants comme des structures contingentes, fa&#231;onn&#233;es par &quot;l'horloger aveugle&quot; de la s&#233;lection naturelle pour les darwiniens (voir l'ouvrage de Richard Dawkins portant ce titre) ou par un designer pour l'intelligent design. A l'inverse, le structuralisme consid&#232;re les &#234;tres vivants comme &#233;tant n&#233;cessaires. Leur structure g&#233;n&#233;rale est inscrite dans les lois de la nature. A l'instar des cristaux de neige qui poss&#232;dent toujours six branches quelques soient les conditions de leur formation, les grands types d'&#234;tres vivants sont en mesure de r&#233;appara&#238;tre encore et partout l&#224; o&#249; les conditions physico-chimiques le permettent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette nouvelle vision de la vie, retrouvant d'anciennes intuitions, nous offre ainsi une troisi&#232;me voie susceptible de d&#233;boucher sur de nouvelles d&#233;couvertes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jean Staune&lt;/strong&gt; est charg&#233; de cours &#224; l'Ecole polytechnique f&#233;d&#233;rale de Lausanne (Suisse). Auteur de Notre existence a-t-elle un sens ? (Presses de la Renaissance, 2007), Au-del&#224; de Darwin (Jacqueline Chambon-Actes Sud, 2009). Il a dirig&#233; les ouvrages collectifs Science et Qu&#234;te de sens et La Science, l'homme et le monde, ayant rassembl&#233; 35 auteurs dont 11 Prix Nobel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/21/le-non-darwinisme-visionnaire-de-james-cameron-par-jean-staune_1295072_3232.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Monde &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>L'&#233;volutionnisme mal d&#233;grossi du film &#171; Avatar &#187; refl&#232;te notre imaginaire</title>
		<link>http://www.uip.edu/uip/spip.php?article696</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.uip.edu/uip/spip.php?article696</guid>
		<dc:date>2010-01-21T08:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Heams</dc:creator>

<category domain="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique35">BIOLOGIE</category>


		<description>La premi&#232;re hypoth&#232;se sur laquelle se fonde Avatar, le film de James Cameron, c'est qu'il existe une vie extraterrestre tr&#232;s pr&#232;s de la n&#244;tre. Elle s'invite dans un des d&#233;bats les plus vifs aux fronti&#232;res de la biologie et de la cosmologie, qui est justement la question des origines du vivant : ce qui s'est pass&#233; sur Terre il y a 3,8 milliards d'ann&#233;es &#233;tait-il un processus inexorable compte tenu des &#233;l&#233;ments disponibles et des conditions de l'&#233;poque, ou bien est-ce une splendide exception ?

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&lt;a href="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;BIOLOGIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.uip.edu/uip/IMG/arton696.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;525&quot; height=&quot;350&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La premi&#232;re hypoth&#232;se sur laquelle se fonde Avatar, le film de James Cameron, c'est qu'il existe une vie extraterrestre tr&#232;s pr&#232;s de la n&#244;tre. Elle s'invite dans un des d&#233;bats les plus vifs aux fronti&#232;res de la biologie et de la cosmologie, qui est justement la question des origines du vivant : ce qui s'est pass&#233; sur Terre il y a 3,8 milliards d'ann&#233;es &#233;tait-il un processus inexorable compte tenu des &#233;l&#233;ments disponibles et des conditions de l'&#233;poque, ou bien est-ce une splendide exception ? Pour y r&#233;pondre, les chercheurs de vie extraterrestre, les exobiologistes, scrutent nos plus proches voisines, notamment Mars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils esp&#232;rent y trouver, en vain &#224; ce jour, une activit&#233; biologique ou des traces fossiles, au prix d'une frustration fondamentale : en trouver serait certes l'indice fort d'une vie in&#233;luctable, mais &#233;chouer nous laisserait tout entiers &#224; notre doute, faute de r&#233;elles plan&#232;tes candidates explorables &#224; proximit&#233;. Cameron tranche le d&#233;bat de mani&#232;re spectaculaire : en dehors du syst&#232;me solaire, c'est d&#232;s le &quot;prochain arr&#234;t&quot; dans l'Univers, d&#232;s le syst&#232;me stellaire le plus proche du n&#244;tre, celui d'Alpha du Centaure, (&#224; 4,4 milliards d'ann&#233;es-lumi&#232;re tout de m&#234;me !) qu'il situe la luxuriante lune Pandora, plaidant ainsi fortement en faveur de la vie comme cons&#233;quence in&#233;luctable de l'&#233;volution cosmique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la proximit&#233; ne s'arr&#234;te pas l&#224; : ce qui frappe imm&#233;diatement l'&#233;volutionniste, c'est la remarquable similitude entre la structure des biosph&#232;res terrienne et pandorienne, soit une vie compos&#233;e de v&#233;g&#233;taux chlorophylliens et d'animaux dont certains sont des mammif&#232;res. Or en th&#233;orie, strictement rien ne garantit qu'une vie extraterrestre aurait cet aspect, ni d'ailleurs qu'elle aurait la forme d'une vie cellulaire, unit&#233; fondamentale chez nous, de la bact&#233;rie au s&#233;quoia, et signe de leur ascendance commune ; aucune certitude m&#234;me qu'elle serait &#224; base d'ADN, hypoth&#232;se indispensable pour que l'on puisse combiner celui du h&#233;ros Jake Sully &#224; celui d'un Na'vi (habitant de Pandora).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&#224; encore, les choix de Cameron laissent penser que toutes ces formes et structures seraient in&#233;luctables, et implacablement reproduites partout o&#249; la vie appara&#238;trait.Cons&#233;quence implicite, et d&#233;g&#226;t collat&#233;ral : le m&#233;canisme de s&#233;lection naturelle, c'est-&#224;-dire le jeu local et aveugle du hasard et de la s&#233;lection propos&#233;e par Charles Darwin il y a cent cinquante ans, et qui reste &#224; ce jour d'une formidable puissance pour expliquer l'ensemble de l'&#233;volution du vivant, prend un coup dans l'aile.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car si des structures semblables apparaissaient ind&#233;pendamment sur des plan&#232;tes distantes, cela signifierait que nous aurions attribu&#233; trop d'importance au hasard sur Terre. Il faudrait se r&#233;soudre d'urgence &#224; envisager d'autres m&#233;canismes pour expliquer ces tendances partag&#233;es, telles que le passage &#224; l'&#233;tat multicellulaire, la distinction entre v&#233;g&#233;taux et animaux, sans parler de l'&#233;volution de certaines formes vivantes vers une forme de culture et de civilisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me si rien n'interdirait d'imaginer des explications rationnelles &#224; cela, cette perspective ouvre n&#233;anmoins les portes &#224; toutes les ambigu&#239;t&#233;s dont les biologistes se sont progressivement et salutairement &#233;loign&#233;s gr&#226;ce &#224; Darwin et ses continuateurs, notamment celles qui voudraient que des forces obscures, pourquoi pas divines, interviennent &#224; des moments-cl&#233;s de l'&#233;volution pour lui donner une direction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela fait-il de James Cameron un anti-&#233;volutionniste ? Non, bien s&#251;r. L'id&#233;e d'une origine commune aux esp&#232;ces est sous-jacente dans le fait que l'ensemble des gros animaux (vipperwolfe, hammeread, thanator et autres hyppoferox) sont hexapodes (six pattes) - l&#224; o&#249; leurs &quot;&#233;quivalents&quot; sur Terre sont t&#233;trapodes, timide concession &#224; l'id&#233;e que &quot;les&quot; &#233;volutions biologiques interplan&#233;taires ne seraient pas condamn&#233;es &#224; se ressembler.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cette hexapodie partag&#233;e sur Pandora, elle, s'explique bien dans la vision darwinienne classique de descendance avec modification : en effet, l'explication la plus simple consiste &#224; supposer un anc&#234;tre commun &#224; toutes ces esp&#232;ces, hexapode lui aussi, par rapport auquel elles auraient &#233;volu&#233;. Par ailleurs, les Na'vi, h&#233;ros anthropomorphes du film, semblent avoir &#233;volu&#233; &#224; partir de singes arboricoles &#224; six pattes qui pourraient ressembler &#224; d'autres animaux pr&#233;sents dans le bestiaire pandorien, les prolemuris. On constate d'ailleurs aussi cette perte chez les banshees, sorte d'oiseaux et donc tr&#232;s diff&#233;rents des Na'vi : cela peut aussi s'expliquer avec les outils de l'&#233;volutionnisme moderne, notamment par le ph&#233;nom&#232;ne de convergence, qui veut que parfois des caract&#233;ristiques similaires apparaissent (ou disparaissent) dans des groupes &#233;loign&#233;s, pouvant aller jusqu'&#224; donner l'illusion d'une parent&#233; &#233;volutive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi donc, Cameron est &#233;volutionniste mais pas tout &#224; fait darwinien au sens moderne du terme. Pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me, d&#233;voy&#233;e, cette position peut conduire &#224; toutes les d&#233;rives comme l'&quot;Intelligent Design&quot; (dessein intelligent), faux nez faussement scientifique et vraiment pervers du cr&#233;ationnisme, une d&#233;clinaison all&#233;g&#233;e, puisqu'il fait mine d'accepter l'&#233;volution mais convoque des forces &quot;intelligentes&quot; pour expliquer les grandes transitions. Mais ne faisons pas ici de mauvais proc&#232;s au cin&#233;aste. Cameron est loin d'&#234;tre le premier auteur de science-fiction &#224; recr&#233;er des &#233;cosyst&#232;mes lointains troublants de ressemblances. Il a par ailleurs tous les droits du cr&#233;ateur ayant imagin&#233; un monde ni trop &#233;loign&#233; du n&#244;tre ni trop familier, pour nous permettre &#224; la fois la fascination de l'&#233;trange et l'empathie de la proximit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, m&#234;me les &#233;volutionnistes les plus c&#233;l&#232;bres, au cours du long travail de maturation qu'a &#233;t&#233; la synth&#232;se n&#233;odarwinienne au cours du XXe si&#232;cle, ont parsem&#233; leurs &#233;crits de consid&#233;rations similaires. Sans faire appel au surnaturel, ils ont tr&#232;s souvent c&#233;d&#233; &#224; l'id&#233;e d'une directionalit&#233; dans l'histoire de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un des aspects les plus fascinants de l'histoire de la pens&#233;e &#233;volutionniste, en cette ann&#233;e o&#249; nous c&#233;l&#233;brons Charles Darwin, est justement le chemin patient vers le rejet r&#233;solu de cette vision. Les progr&#232;s en biologie mol&#233;culaire ont permis cette mue progressive. Ils nous disent entre autres que tous les caract&#232;res transmis ne le sont pas forc&#233;ment par pure adaptation, et qu'une histoire de la vie doit prendre en compte des ph&#233;nom&#232;nes impr&#233;visibles et contingents, comme la chute d'une m&#233;t&#233;orite bouleversant n'importe quelle biosph&#232;re, faisant liti&#232;re du d&#233;terminisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les mammif&#232;res, et donc bien plus tard notre esp&#232;ce, ne se seraient vraisemblablement pas d&#233;velopp&#233;s et r&#233;pandus avec autant d'efficacit&#233; si les dinosaures n'avaient pas quasiment disparu pour des raisons de cet ordre et qui n'ont que tr&#232;s peu &#224; voir avec ce qu'ils avaient dans leurs g&#232;nes. Et d'ailleurs, si ces grandes tendances devaient se reproduire sur chaque plan&#232;te habitable, o&#249; sont les dinosaures sur Pandora ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En somme, Cameron nous propose un &#233;volutionnisme mal d&#233;grossi, qui ressemble &#224; l'id&#233;e que s'en fait le grand public. Ce dernier accepte assez largement l'&#233;volution, mais ren&#226;cle souvent devant son c&#244;t&#233; aveugle. Parmi d'autres, l'id&#233;e que l'esp&#232;ce humaine n'est ni plus ni moins le produit du hasard et de la s&#233;lection que toutes les autres formes vivantes en choque encore beaucoup. C'est pourtant le cas, et il faut encore bien souvent convaincre qu'Homo sapiens n'est ni le but, ni le sommet, ni la perfection, ni la fin de l'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En nous faisant voyager loin, dans cette Pandora qui n'existe pas et qui s'appr&#234;te pourtant &#224; entrer dans nos vies, Avatar nous parle aussi de nous, de nos vertiges face &#224; notre position minuscule dans l'Univers, et des constructions imaginaires que nous &#233;chafaudons pour nous en accommoder. En ce sens, il incite &#224; d'autres explorations, en nous-m&#234;mes. D'autres beaux voyages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;objet_id=1111804&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dieu et la science</title>
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<category domain="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique73">&#201;v&#233;nements</category>


		<description>Le dernier num&#233;ro du Monde des Religions en date du mois de janvier 2010 est consacr&#233; &#224; un dossier de 30 pages intitul&#233; &#171; Dieu et la science, ces scientifiques qui pr&#244;nent un nouveau dialogue entre science et spiritualit&#233;, ces philosophes qui en d&#233;battent &#187;. Ce num&#233;ro reprend les grands th&#232;mes de la mati&#232;re, de l'univers de la vie et de la conscience ainsi que l'interaction entre science et religion. Il donne la parole &#224; plusieurs approches entre autres lors d'un grand d&#233;bat contradictoire (...)

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&lt;a href="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.uip.edu/uip/IMG/arton694.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;276&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le dernier num&#233;ro du Monde des Religions en date du mois de janvier 2010 est consacr&#233; &#224; un dossier de 30 pages intitul&#233; &#171; Dieu et la science, ces scientifiques qui pr&#244;nent un nouveau dialogue entre science et spiritualit&#233;, ces philosophes qui en d&#233;battent &#187;. Ce num&#233;ro reprend les grands th&#232;mes de la mati&#232;re, de l'univers de la vie et de la conscience ainsi que l'interaction entre science et religion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il donne la parole &#224; plusieurs approches entre autres lors d'un grand d&#233;bat contradictoire entre Jean Staune et Andr&#233; Comte-Sponville. Vous y retrouverez les intervenants suivants : Jean-Claude Ameisen, Mario Beauregard, Andr&#233; Comte-Sponville, Simon Conway-Morris, Bernard d'Espagnat, Dominique Lecourt, Thierry Magnin, William Philips, Nobel de physique, Jean Staune, Trinh Xuan Thuan, Charles Townes, Nobel de physique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous pouvez &#233;galement voir ci-dessous une video de Fr&#233;d&#233;ric Lenoir, directeur du Monde des Religions, pr&#233;sentant ce num&#233;ro.&lt;/p&gt; &lt;div&gt;&lt;object width=&quot;420&quot; height=&quot;337&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xboraa&amp;related=0&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xboraa&amp;related=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;420&quot; height=&quot;337&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>150 ans apr&#232;s Darwin : de nouvelles pistes pour comprendre l'&#233;volution </title>
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		<description>La c&#233;l&#233;bration de cette ann&#233;e Darwin a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une avalanche m&#233;diatique qui a assur&#233; la promotion de la pens&#233;e n&#233;o-darwinienne. Fid&#232;le depuis 14 ans &#224; sa tradition de d&#233;bat, l'UIP a entrepris de relayer des voix en organisant un colloque &#224; l'UNESCO le lundi 23 novembre de 14h &#224; 18h. Soucieux d'ouvrir un d&#233;bat contradictoire, l'objectif consistera &#224; pr&#233;senter des positions diverses et parfois oppos&#233;es &#224; travers ce olloque du 23 novembre &#224; l'UNESCO 150 ans apr&#232;s Darwin : de nouvelles piste pour comprendre (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.uip.edu/uip/IMG/arton693.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;121&quot; height=&quot;121&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La c&#233;l&#233;bration de cette ann&#233;e Darwin a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une avalanche m&#233;diatique qui a assur&#233; la promotion de la pens&#233;e n&#233;o-darwinienne. Fid&#232;le depuis 14 ans &#224; sa tradition de d&#233;bat, l'UIP a entrepris de relayer des voix en organisant un colloque &#224; l'UNESCO le lundi 23 novembre de 14h &#224; 18h.
Soucieux d'ouvrir un d&#233;bat contradictoire, l'objectif consistera &#224; pr&#233;senter des positions diverses et parfois oppos&#233;es &#224; travers ce olloque du 23 novembre &#224; l'UNESCO 150 ans apr&#232;s Darwin : de nouvelles piste pour comprendre l'&#233;volution auquel participeront :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Michael DENTON&lt;/strong&gt;, g&#233;n&#233;ticien, Universit&#233; d'Otago qui viendra sp&#233;cialement d'Australie pour cette manifestation et exposera une conception qui permet de d&#233;passer &#224; la fois le darwinisme et l'Intelligent design, en montrant que les structures des &#234;tres vivants ne sont pas des artefacts, mais sont inscrites dans les lois de la nature. Cette conception structuraliste est &#233;galement &#224; la base du dernier livre de notre Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Jean STAUNE qui interviendra &#233;galement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Henry de LUMLEY,&lt;/strong&gt; directeur de l'Institut de pal&#233;ontologie humaine, ancien directeur du Mus&#233;um national d'histoire naturelle nous d&#233;crira les grandes &#233;tapes du d&#233;roulement de l'&#233;volution humaine et la fa&#231;on dont elle s'est dirig&#233;e vers une complexit&#233; toujours croissante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Vasily OGRYZKO,&lt;/strong&gt; g&#233;n&#233;ticien, directeur de recherche &#224; l'INSERM, explorera la fa&#231;on dont on peut imaginer une forme de n&#233;o-lamarckisme &#224; la lumi&#232;re des connaissances r&#233;centes en g&#233;n&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Pierre ROSPARS,&lt;/strong&gt; g&#233;n&#233;ticien, directeur de recherche &#224; l'INRA, Pierre PERRIER, sp&#233;cialiste de mod&#233;lisation, correspondant de l'Acad&#233;mie des sciences, ancien d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Acad&#233;mie de technologique et pr&#233;sident du conseil scientifique de l'UIP, ainsi que &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Michel OLIVEREAU&lt;/strong&gt;, neurobiologiste, professeur &#233;m&#233;rite &#224; Paris V, exposeront leur conception de l'&#233;volution qui diff&#233;reront de fa&#231;on plus ou moins importante des 3 autres conceptions exprim&#233;es auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous vous convions tous &#224; cette grande manifestation pour laquelle il est n&#233;cessaire de vous inscrire au pr&#233;alable en renvoyant le bulletin ci-dessus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Corr&#233;lations, causalit&#233;, r&#233;alit&#233; </title>
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		<dc:date>2009-11-02T08:26:36Z</dc:date>
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<category domain="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique38">PHYSIQUE</category>


		<description>Nous proposons de lire en fichier joint, une contribution de Bernard d'Espaganat, physicien, membre de l'Acad&#233;mie des Sciences Morales et Politiques. &#224; un colloque intitul&#233; &quot;Nouvelles perspectives sur la mati&#232;re, la lumi&#232;re et l'Univers&quot; organis&#233; en Sorbonne par l'UIP le 2 juin 2007.

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&lt;a href="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;PHYSIQUE&lt;/a&gt;


		</description>


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	</item>



	<item>
		<title>L'UIP partenaire du Global Ethics Forum</title>
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		<dc:date>2009-07-02T13:22:39Z</dc:date>
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<category domain="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique73">&#201;v&#233;nements</category>


		<description>L'Universit&#233; Interdisciplinaire de Paris est partenaire du Global Ethics Forum qui a eu lieu du 2 au 3 juillet au Palais des Nations de l'ONU de Gen&#232;ve. Le &lt;a href=&quot;http://www.globalethicsforum.org/page.php?PAG_ID=1&amp;LAN_CODE=FR&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Global Ethics Forum &lt;/a&gt; est une rencontre internationale pour explorer et partager des alternatives permettant de r&#233;agir de fa&#231;on responsable face &#224; la crise &#233;conomique mondiale.

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&lt;a href="http://www.uip.edu/uip/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.uip.edu/uip/IMG/arton691.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;251&quot; height=&quot;100&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce forum a &#233;t&#233; l'occasion d'analyser la mise en place de strat&#233;gies cr&#233;atives et efficaces autour de l'Innovation Sociale par des leaders responsables.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;a href=&quot;http://www.globalethicsforum.org/page.php?PAG_ID=1&amp;LAN_CODE=FR&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Global Ethics Forum &lt;/a&gt; a r&#233;uni entre 500 et 600 dirigeants et managers, ONG, institutions internationales,experts autour de ces enjeux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un compte-rendu de cette rencontre internationale sera prochainement disponible sur le site de l'UIP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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