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POSTFACE A L’OUVRAGE D’YVES DUPONT
 L’Empreinte de Dieu dans le monde quantique 
Jean Staune
 
Dieu sait (c’est le cas de le dire !) le grand nombre de livres qui s’écrivent sur la physique quantique, sérieux ou pas.
Mais l’ouvrage que vous tenez entre vos mains est l’un des plus importants écrits dans ce domaine au cours des vingt dernières années, depuis le Traité de Physique et de Philosophie de celui qui fut mon maître, Bernard d’Espagnat[1]. Et il a l’avantage d’être bien plus accessible au grand public que l’ouvrage cité.
Or, la physique quantique est de loin la meilleure discipline (voir même peut-être la seule) pour répondre à la question : « quelle est la nature fondamentale du réel qui nous entoure ?».
Dans un autre ouvrage, bien plus accessible, Bernard d’Espagnat avait lâché cette petite phrase, que j’aimerai analyser avec vous pour bien comprendre l’importance de la démarche d’Yves Dupont : « Un des enseignements des sciences modernes dites (par tradition) « de la matière » est celui-ci : la « chose », s’il en est une, qui se conserve n’est pas le concret mais l’abstrait, non pas ce qui est proche des sens mais au contraire le nombre pur dans toute son abstraction mathématique tel que nous l’a révélée la physique théorique. En d’autres termes, par apport à nos sens et à nos concepts familiers (qui en résument les possibilités), le réel, indéniablement, est lointain. Et cette découverte (fort importante), une des manières les plus pertinentes de l’évoquer est, selon moi, de reconnaître que le mot matière est mauvais et de réintroduire le beau mot d’Être. »[2]
Ainsi, la réalité ultime ne serait pas constitué d’objets, mais du « nombre pur dans toute son abstraction mathématique », c’est-à-dire qu’elle serait quelque chose de l’ordre de l’abstrait, et non pas de l’ordre du monde matériel, ni même énergétique ou ondulatoire.
Ensuite cette réalité ultime serait « lointaine ». Il est essentiel de préciser ici que « lointaine » ne désigne pas quelque chose qui serait éloigné dans l’espace. Bernard d’Espagnat veut dire que la réalité ultime est conceptuellement lointaine, même si en fait elle est toute proche de nous, puisque c’est elle qui se « cache » derrière les constituants élémentaires de notre corps. Cela rejoint les grandes traditions spirituelles comme l’évangile, "Le royaume de Dieu est au dedans de vous"[3] , ou le Coran, « Nous avons effectivement créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire[4] », qui nous disent également que la réalité ultime est en dedans de nous, mais défie toute imagination et toute représentation.
Et c’est justement ce qui est démontré dans cet ouvrage.
Il faut d’abord saluer le remarquable travail qu’ Yves Dupont  a effectué en relisant tous les pères fondateurs du domaine, en se plongeant dans leurs débats, mais aussi dans les pistes les plus récentes et les solutions les plus exotiques, pour permettre aux lecteurs d’intégrer la « substantifique moëlle » de ce que la physique quantique peut nous dire sur la nature du réel.
Et pour resumer l’importance de sa démarche, il suffit de le citer : « Notre monde physique n’est pas l’ultime réalité « en soi » et rien de tangible ne se trouve derrière ! Une forme de néant matériel. Après avoir disséqué la matière en atomes, noyaux, particules élémentaires, après avoir espéré toucher l’ultime réalité physique du monde, nous devons nous rendre à l’évidence : il n’y a rien de tel. Du point de vue ontologique, la matière laisse la place aux objets mathématiques. »
Ainsi, la grande importance de l’ouvrage d’Yves Dupont, c’est de démontrer, de façon systématique, je dirai presque têtue, ce que Bernard d’Espagnat nous laissait entrevoir dans ses ouvrages, sans le mettre à la portée du grand public de façon aussi claire que le fait notre auteur.  Cela est très difficile à accepter : quand vous vous heurtez à un mur, si je vous explique que vous venez de vous heurter à une abstraction d’ordre mathématique, vous allez très probablement me traiter de quelques noms d’oiseaux !
Et pourtant, c’est ce qu’Yves Dupont nous démontre ici soigneusement, en se basant entre autres sur la fameuse intrication quantique, qui a valu à Alain Aspect le Prix Nobel de Physique en 2022 pour une expérience que Bernard d’Espagnat, qui fut dans son jury de thèse, l’a aidé à conceptualiser, avec John Bell et quelques autres.
Cette intrication quantique montre de la façon la plus claire que des phénomènes de la physique quantique échappent à la fois au temps, puisque que l’on peut construire l’expérience before before dont parle Yves Dupont et qui montre que l’on peut mettre les deux particules dans une situation où chacune, si elles pouvaient parler, affirmeraient avoir été mesurées en premier, et que face à ce paradoxe « d’inversion temporelle », le phénomène existe toujours.
 Le phénomène échappe aussi à l’espace, puisqu’il est exactement le même, que la distance entre deux particules soit de 12 mètres ou de 1 200 kms.
Car comme le dit très joliment Yves Dupont, les particules, ou plutôt, pardon, les objets quantiques, ou les choses quantiques, car même le mot « objet » n’est pas adapté, ont les pieds dans notre monde, et la tête dans une toute autre dimension où le temps, l’espace, la matière, l’énergie, et bien sûr la notion même d’objet localisé n’existe pas.
C’est cela le réalisme « conceptuellement lointain » dont nous parlait Bernard d’Espagnat.
Or, l’intrication quantique a des effets qui sont mesurables et perceptibles dans notre univers. C’est bien la preuve que notre univers n’est pas clos sur lui-même et ne se limite pas à ce que nous pouvons voir, mesurer, peser...Ce qui philosophiquement est une avancée incroyable qui réouvre la porte à des voies que l’on croyait fermées depuis longtemps comme l’ont dit par exemple Ortoli et Pharabod qui sont pourtant de parfaits agnostiques : « la science du XVIII ème siècle avait abouti au triomphe du matérialisme mécanique qui expliquait tout par l’agencement de morceaux de matières minuscules et invisibles, agencement réglé par diverses forces d’interaction qu’ils exerçaient entre eux. Cette vision assez primitive à laquelle se tiennent encore la plupart des biologistes avait pour conséquences l’inutilité des religions et de celles des philosophies qui font appel à l’existence d’entités non-matérielles.
Le fait que ces morceaux de matière se soient révélés n’être en réalité que des abstractions mathématiques non-locales, c’est-à-dire pouvant s’étendre sur tout l’espace et de plus n’obéissant pas au déterminisme, a porté un coup fatal au matérialisme classique[5] »  
 
Bernard d’Espagnat me disait que la caverne de Platon était la meilleure image que l’on pouvait avoir si on voulait se représenter ce que la physique quantique nous donne comme vision du réel.
Reprenant et développant cela, Yves Dupont insiste sur la notion « d’idée platonicienne ». On dit parfois que les idées mènent le monde, mais ici il faut dire « les idées sont le monde ».
 Encore une fois à cause de la façon dont le « réel proche », celui qui est conceptuellement proche, c’est-à-dire nos corps et ce qui les entourent, se dématérialise au fur et à mesure que l’on pénètre dans les profondeurs de celui-ci grâce à la physique quantique.
Or, le dernier point de la démarche importante de notre auteur, c’est l’affirmation que les mathématiques ne peuvent pas exister par elles-mêmes, qu’elles ne peuvent pas s’auto-créer. Ici, il est clair que c’est un postulat, et qu’un matérialiste prendra le postulat inverse, ou du moins nous dira qu’il s’agit d’une affirmation insuffisamment prouvée. Néanmoins, Yves Dupont supporte cette position en disant « Comment les idées pourraient-elles flotter toutes seules dans le monde ? Les idées sont pensées ; il existe donc un Esprit pensant qui se trouve à l’origine des idées, idées dont témoigne la structure mathématique du monde quantique ». Et c’est là qu’il introduit la notion d’esprit, pas seulement l’esprit d’un observateur, ni même l’esprit panpsychique qui pourrait être présent dans ou au-delà de la matière, comme le postule par exemple un auteur comme Emmanuel Ransford[6], un Esprit omniscient qui tangente en tous points le monde physique et qui permet son existence et sa cohérence.
Et c’est là que la situation devient « dangereuse » pour les matérialistes. Nous avons vu, avec la citation d’Ortoli et Pharabod, que le matérialisme « classique » était déjà mort, tué par la physique quantique. Mais un matérialisme de « science-fiction » reste possible pour ces auteurs, et des philosophes comme André Comte-Sponville, avec qui j’ai beaucoup débattu de ces questions, dira que peu lui importe que la réalité ultime soit matérielle ou ondulatoire, soit une chose ou soit d’ordre mathématique, ce qui importe pour le matérialisme, c’est que l’esprit soit second par rapport à cette réalité. Tout, absolument tout, mais pas l’idée que l’esprit soit la réalité ultime, car là, le matérialisme serait définitivement mort.
Et c’est justement dans cette démarche que s’est engagé Yves Dupont avec, pour résumer, l’articulation suivante : la physique quantique nous montre que non seulement le fondement des choses n’est pas constitué d’objets, mais ce ne sont pas non plus des ondes, même si la fonction d’onde (ce qu’il appelle tout au long de l ‘ouvrage  le « vecteur d’état ») a quelque chose à voir avec la réalité ultime.
Cette fonction d’onde est en fait un être mathématique, qui fait le pont entre deux niveaux de réalité, le nôtre, et un niveau totalement différent et irreprésentable par nos sens et nos concepts familiers, mais qui seul peut être traité de « réalité ultime », et qui nous suggère que la seule vraie chose que nous pouvons considérer comme réel  ce sont des rapports entre les nombres, donc des mathématiques, et que ces mathématiques correspondent à des idées au sens platonicien du terme, et que ces idées ne peuvent pas exister par elles-mêmes (d’ailleurs, pour Platon, elles existaient dans la « pensée créatrice de Dieu », et c’est d’ailleurs l’un des seuls  moments où Platon parle de Dieu).
Quel que soit ce Dieu, et quel que soit la façon dont on l’imagine, l’ouvrage d’Yves Dupont étant « neutre » du point de vue religieux, la physique quantique nous guide vers l’existence d’un esprit omniscient qui supporte l’univers en permanence. Nous sommes ainsi en situation de repérer quelques bribes de l’immense fresque qui nous est cachée, ou comme le dit si poétiquement Yves Dupont : « nous ne décelons que quelques notes d’une symphonie fantastique qui se joue sur un autre niveau de réalité, celui de l’Esprit. »
Voilà donc résumée l’importance du travail exceptionnel d’Yves Dupont. Il donne ses lettres de noblesse à la notion d’un « esprit créateur » dans le domaine de la physique quantique, alors que jusqu’ici les arguments en faveur d’un tel esprit se trouvait plutôt dans le « réglage fin » de l’univers en astrophysique, ou dans celui du vivant quand on regarde la structuration de son évolution.
Il apporte ainsi une pièce manquante essentielle à ce nouveau paradigme : ces retrouvailles entre Science et Spiritualité dont parlent dans leur préface Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


[1] Bernard d’Espagnat, Traité de Physique et de Philosophie Fayard 2002

[2] Bernard d’Espagnat, Un atome de sagesse, Le Seuil, 1982, p. 55.

[3] Luc 17:2. Parfois traduit par « Le royaume de Dieu est au milieu de vous », mais il me semble que le sens de la phrase indique clairement l’idée que le royaume de Dieu est à l’intérieur de nous et non pas « entre nous ».

[4] Sourate 50, verset 16

[5] Sven Ortoli, Jean Pierre Pharabod, Le Cantique des Quantiques, La Découverte, 1984, p.125

[6] Emmanuel Ransford, Estelle Guerven, Du hasard quantique à la conscience, Ed. Guy Trédaniel, 2024

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